Squid Game : ceci n'est pas un jeu

Squid Game : ceci n'est pas un jeu

15 oktober 2021

Cette fiche est rédigée à l’attention des tou·te·s les enseignant·e·s et éducateur·rice·s de secondaire. Elle propose différentes pistes de réflexion parmi lesquelles choisir afin de mener une discussion de 15 minutes (ou plus si le contexte le permet).

Les faits

La série Squid Game, du réalisateur sud-coréen Hwang Dong-hyuk, est diffusée sur la plateforme américaine de streaming Netflix depuis le 17 septembre 2021. Tout comme la trilogie Hunger Games (sortie au cinéma en 2012) ou Battle Royale (2000), Squid Game est un « survival » ou « jeu de survie » : les concurrent·e·s s’y affrontent jusqu’à la mort. Dans Squid Game, 456 joueur·euse·s endetté·e·s espèrent gagner 45,6 milliards de won – la monnaie coréenne, soit 33 millions d’euros – en participant à des jeux d’enfants (1 2 3 Soleil, tirs à la corde, jeux de billes, etc.) où les perdant·e·s sont, au fur et à mesure, exécuté·e·s.

Netflix – qui compte désormais plus de 200 000 millions d’abonné·e·s dans le monde – est peu transparent sur les chiffres de diffusion de ses programmes. Néanmoins, la plateforme a annoncé le 13 octobre, via un tweet, que 111 millions d’abonné·e·s avaient visionné Squid Game depuis sa mise en ligne, sans pour autant préciser si ces dernier·ère·s l’avaient regardée dans sa totalité ou seulement quelques minutes. Squid Game est donc la série qui connaît le plus impressionnant démarrage de l’histoire de Netflix. En raison des chiffres d’audience, Netflix a en quelque sorte une influence sur l’agenda médiatique et culturel : même si on n’a pas regardé la série, elle s’invite dans les conversations avec les amis, la famille etc.

Parce qu’elle est ultra-violente, Squid Game est interdite au moins de 16 ans, ce qui n’empêche pas certain·e·s de la regarder, avec ou sans leurs parents. De nombreux extraits et photos de Squid Game sont visibles sur YouTube ou circulent sur les réseaux sociaux. Au-delà des jeux d’enfants qui y sont présents, la série coréenne attire le regard des plus jeunes avec son univers composé de couleurs acidulées, ses jouets (dont une terrifiante poupée géante) et ses références aux jeux vidéo. Début octobre, les directions de plusieurs écoles primaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont fait savoir que des enfants s’en inspiraient dans leurs jeux, dans les cours de récréation.

Comme le rappelle Bruno Humbeeck, psychopédagogue à l’UMons, sur le site rtbf.be, la violence dans cet espace clos qu’est la cour de récréation existe depuis longtemps : « La cour de récréation est un espace qui génère naturellement de l’agressivité, on le sait depuis des années, donc il faut pouvoir le contrôler et mettre en place des mécanismes qui vont éviter qu’un enfant puisse imaginer qu’il n’y a pas de loi dans l’école. » Notamment pour canaliser cette violence, certaines écoles primaires et secondaires régulent la cour de récréation en divisant cet espace en plusieurs zones (espace calme ; espace de jeu libre : espace pour les jeux de ballon) mais aussi en favorisant le dialogue pour désamorcer et résoudre les conflits qui y naissent.

Le phénomène Squid Game fait beaucoup de bruit et interpelle… Au-delà de la violence et d’une certaine forme de perversité, il aborde des thématiques universelles que sont la vie et la mort mais aussi la pauvreté et les inégalités sociales. Il porte aussi ce message et cette question sur notre société : jusqu’où des personnes désespérées sont-elles prêtes à aller ?

Anouck Thibaut

Penser les faits : quelques pistes

Valeur d’une vie humaine
Squid Game, ce sont 456 personnes endettées, rassemblées sur une île, en milieu clos, pour participer à un « jeu » et tenter de rapporter une somme colossale, à condition d’être la seule personne survivante. Si vous pouviez décider du personnage gagnant ou des quelques personnages survivants qui se partageraient le magot, qui désigneriez-vous ? Pourquoi ? On peut distinguer quatre catégories de critères. (i) Ce que le personnage fera avec l’argent gagné. On peut ainsi préférer une personne considérée comme criminelle mais qui offrira son argent aux pauvres à une autre personne perçue comme étant une « sainte » mais qui le gardera pour soi. (ii) Les caractéristiques physiques du personnage. On peut préférer une personne avenante et sexy à une personne vilaine. (iii) Le caractère du personnage. On peut préférer une personne qui fait attention aux autres à une personne égoïste. (iv) Le passé du personnage. On peut préférer la personne qui n’a jamais fait de mal à celle qui en a déjà fait beaucoup. Faire émerger ces critères, les mettre en balance dans les réponses des élèves. Qu’est-ce qui détermine la « qualité » d’une personne ? À qui revient le mérite de la « qualité » d’une personne ? À celle-ci ? À ses parents ? À la chance ? Si Edmond n’a jamais volé, est-ce parce qu’il est foncièrement honnête ou parce qu’il a toujours vécu confortablement et n’a jamais éprouvé la nécessité de voler ? Si Suzanne est forte en math, est-ce par son propre mérite ou bien parce que ses parents les lui ont expliquées, lui ont offert des cours particuliers ? Si on classait les gens par ordre de « qualité » ou par ordre de « mérite », obtiendrait-on le même classement ? Lequel faudrait-il utiliser pour décider d’éliminer des gens ? Pensez-vous que vous pourriez prendre cette décision ?

Jouer avec la vie d’autrui est-il acceptable ? Le jeu, la mort des autres peuvent-ils être un spectacle ? Dans quel(s) cas seriez-vous prêts à fermer les yeux sur une situation qui vous semble moralement douteuse mais financièrement intéressante ? D’après vous, la fin justifie-t-elle les moyens ? Et si la victoire s’accompagne de sacrifices, est-ce vraiment une victoire ? Y a-t-il un seuil à ne pas dépasser – et si oui, sur quoi repose-t-il ?

Les protagonistes s’inscrivent à ce jeu pour gagner de l’argent avec lequel ils et elles pourront faire quelque chose d’important à leur yeux (soigner sa mère, par exemple). Ces personnes ne le savent pas au moment où elles s’inscrivent, mais au final, ces personnes risquent leur vie pour cet objectif. Qu’est-ce qui mérite qu’on risque, voire qu’on donne sa vie ? Des gens ont donné leur vie pour leur patrie et/ou pour lutter contre le régime nazi. D’autres ont donné la leur pour sauver des gens. D’autres dans des attentats terroristes. Pourquoi seriez-vous prêts à donner votre vie ?

À la fin de la série, la personne qui remporte l’argent se retrouve seule, isolée et traumatisée par les différentes étapes du jeu. Cette personne choisit de continuer à vivre la même vie qu’avant, malgré l’énorme somme d’argent remportée. D’après-vous, pourquoi refuse-t-elle de vivre différemment ? Qu’est-ce que cette personne a gagné en gagnant le jeu ? Qu’est-ce qu’elle a perdu ? Quelle est la valeur véritable de sa victoire ?

Phénomène de groupe
Au fil des épisodes de la série, des dissensions apparaissent au sein du groupe, creusant un véritable fossé entre les protagonistes ; chaque camp se polarise et la situation dégénère. Au contact des autres, notre comportement est modifié : on peut parfois avoir plus de mal à s’affirmer, à montrer son désaccord, à accepter de se démarquer en adoptant un comportement singulier et ce, même quand nous ne sommes pas en accord avec une décision ou quelque chose qui serait attendu de nous. Pourquoi ? Les relations entre les personnes au sein d’un groupe sont-elles toujours régies par une logique de domination et /ou de soumission ? Peut-on se distinguer au sein d’un groupe sans en être exclu·e ?

Une partie de notre identité est façonnée par notre appartenance à divers groupes : un segment de la société (ex : élèves), un lieu (Bruxelles, la Wallonie, la Belgique, etc.) une classe, un hobby, un cercle d’ami·e·s, etc. Le fait d’appartenir à un groupe nous rassure ; mais jusqu’où sommes-nous prêt·e·s à aller pour faire partie d’un groupe ? L’individu peut-il parfois « disparaître » dans le groupe par conformisme social ? Peut-on continuer à être soi-même au sein d’un groupe ou est-on forcé·e – ou inexorablement voué·e·s – à devenir comme les autres membres du groupe ? Quelle est l’importance de votre sens critique au sein d’un groupe (un groupe d’ami·e·s ou le groupe société civile) ? À quel moment devient-on un « mouton » ? À votre avis, sommes-nous réellement libres quand nous faisons partie d’un groupe ? Et si oui, jusqu’à quel point ? Où commence et où s’arrête notre liberté ? Le groupe est-il plus fort que l’individu ? Plus juste ? Qu’est-ce qui fait la force d’un groupe : son homogénéité ou les différences qui coexistent en son sein ?

La représentation de la violence – le mirage de la fiction
Dans les films, les séries, les clips ou sur les réseaux sociaux, la violence est présente. Elle peut être physique (coups, blessures, etc.), verbale (insultes, etc.) ou morale (harcèlement, etc.). Selon vous, existe-t-il une sorte de mode de la violence actuellement ? La violence mise en scène dans les films, les clips, les livres est-elle un exutoire à la violence de la société ? Peut-être sommes-nous toutes et tous intrinsèquement violent·e·s mais nous avons appris à vivre ensemble en observant un code de conduite, un contrat social qui fait que nous nous respectons les un·e·s les autres ? Qu’en pensez-vous ? Dans quelle situation la violence peut-elle se justifier ? La violence est-elle toujours grave ?

Dans certains établissements scolaires, des enfants ont reproduit le jeu 1,2, 3… soleil qui apparaît dans le premier épisode de la série : les perdant·e·s ont été battu·e·s ou fouetté·e·s avec des cordons. Cette violence a été directement dénoncée par les enseignant·e·s. Que feriez-vous si vous étiez témoin d’une scène similaire ?

Comment expliquer le succès de la série auprès des jeunes ? D’après vous, vaut-il mieux interdire aux enfants de regarder Squid Game ou au contraire, les laisser regarder la série en compagnie d’un·e adulte et avoir une discussion permettant l’analyse par la suite ? La signalétique visant à protéger la jeunesse de scènes inappropriées (-16 ans, -18 ans) est-elle pertinente à l’heure du numérique ou la facilité d’accès aux écrans rend-elle cela dérisoire ?

La série diffusée sur Netflix est interdite aux moins de 16 ans, mais de nombreux extraits sont disponibles sur TikTok, Twitch ou YouTube. Téléphones, tablettes, ordinateurs, TV, etc. Aujourd’hui, les écrans sont omniprésents. Les images que nous regardons au quotidien proviennent de faits réels, de fictions ou de scénarios reprenant tous les codes de la réalité, et alimentant ainsi un certain trouble entre un récit inventé de toutes pièces et notre propre vie. Laisse-t-on parfois l’irréel influencer le réel ? Dans quelle mesure acceptons-nous de nous laisser influencer par quelque chose de fictionnel ? La fiction est-elle parfois préférable à la réalité ?

L’atmosphère sonore et visuelle de la série est très travaillée : des couleurs pastel, des musiques douces comme des comptines, un imaginaire emprunté à l’enfance et aux thèmes qui y sont liés (innocence, douceur, protection). Cette esthétique met en exergue le danger constant qui plane dans le centre, la tension et l’angoisse omniprésentes. Sublimer la violence nous permet-il de mieux l’accepter ? Peut-on être dupé par le « beau » ? Quelque chose de foncièrement mauvais – un geste, une attitude, une parole, un système, une personne – est-il plus acceptable quand il est esthétiquement beau ?

Le jeu et les codes du jeu
Dans Squid Game, le jeu dégénère très rapidement. À quel moment un jeu cesse-t-il d’en être un ? Est-ce encore un jeu si il y a une conséquence dans la vie réelle ? D’après l’historien Johan Huizinga, certaines conditions sont à respecter pour qu’un jeu soit reconnu – et reconnaissable – comme tel : les participant·e·s doivent être volontaires, ils et elles ont librement et délibérément fait le choix d’y participer. Le jeu s’organise en marge de la vie réelle, dans un contexte fictif, durant un temps imparti et dans un espace défini (ex: une marelle, un terrain de football, etc.) qui permet aux participant·e·s d’en sortir à tout moment.

Un jeu peut-il prendre le dessus sur la réalité ? Selon vous, est-ce que d’autres principes (éthiques, moraux, etc.) doivent s’appliquer à un jeu ? À quel moment considère-t-on qu’un jeu va trop loin ? Est-ce encore un jeu si le bien-être (physique ou mental) d’autrui est impacté ? Où se situe la frontière entre le fait de sortir de sa zone de confort et véritablement dépasser les limites ? Cette frontière est-elle définie par les règles du jeu ou par le libre arbitre de chacun·e ? Sous prétexte qu’il s’agit d’un jeu, peut-on faire faire n’importe quoi à autrui ?

L’attrait des séries
Le format de type « série » n’est pas nouveau. Néanmoins, on constate ces dernières années une recrudescence du nombre de séries produites et visionnées. Alors qu’auparavant, elles étaient diffusées à la télévision, à une heure précise (de manière linéaire), elles sont à présent disponibles à la demande (de manière délinéarisée).
Les séries contiennent plusieurs épisodes, permettent de suivre l’évolution des personnages, d’entrer en profondeur dans une histoire, de s’attarder sur certains détails d’une intrigue, d’aborder différents points de vue. Elles sont conçues pour être captivantes. La fin d’un épisode est en général construite pour donner envie de voir l’épisode suivant (cliffhanger). Et vous, quels types de contenus (films, séries, vidéos…) consommez-vous ? Quel genre de séries ? Comment sélectionnez-vous ce que vous regardez ? Selon quels critères ? Comment expliquer cet attrait pour les séries ? Que manque-t-il à la « vraie » vie pour être aussi passionnante que les séries ? Qu’offre la « vraie » vie que les séries n’offrent pas ? Quel point ? Où commence et où s’arrête notre liberté ? Le groupe est-il plus fort que l’individu ? Plus juste ? Qu’est-ce qui fait la force d’un groupe : son homogénéité ou les différences qui coexistent en son sein ?

Marine Bardin

Pour aller plus loin :


Parlons climat

Parlons climat

6 oktober 2021

Cette fiche est rédigée à l’attention des tou·te·s les enseignant·e·s et éducateur·rice·s de secondaire. Elle propose différentes pistes de réflexion parmi lesquelles choisir afin de mener une discussion de 15 minutes (ou plus si le contexte le permet). Crédit photo : FG Trade sur iStock.

Les faits

Dimanche 10 octobre 2021, une marche pour le climat est organisée par les organisations Youth for Climate et la Coalition Climat. L’objectif : rappeler l’urgence de la situation climatique aux autorités dirigeantes et réclamer des mesures ambitieuses pour lutter contre le changement climatique.

Cette marche intitulée Back To The Climate aura lieu à la veille d’un sommet européen et de la COP 26 des Nations unies. Elle s’organise après la publication, le 9 août 2021, du premier volet – particulièrement précis et alarmant – du rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Ce rapport annonce un réchauffement planétaire accéléré et établit plusieurs constats scientifiques.

  • L’activité humaine a un impact considérable sur l’environnement : elle provoque un changement climatique rapide et à grande échelle dont certaines conséquences sont irréversibles.
  • Le monde entier subit déjà les effets du changement climatique; en attestent les catastrophes naturelles qui ont marqué l’été 2021 (pluies diluviennes, inondations, ouragans, incendies, glissements de terrain, etc..).
  • Pour limiter le réchauffement climatique, il faut réduire rapidement et drastiquement les émissions de CO2 à l’échelle mondiale.

La marche du 10 octobre s’inscrit dans les conclusions de ce rapport et dans un mouvement international de protestation de la jeunesse : Fridays for Future. Initié en août 2018 par Greta Thunberg et relayé à travers le monde sous divers noms (Youth for Climate, Youth Strike for Climate, etc.) le mouvement mobilise les jeunes au moyen de marches lors desquelles ils et elles dénoncent le manque d’initiative des autorités pour protéger la planète

L’engagement des jeunes

    • 10 janvier 2019 : première grève scolaire pour le climat en Belgique – 3000 jeunes se rassemblent
    • 24 janvier : 35000 jeunes défilent à Bruxelles.
    • 31 janvier : le reste de la Belgique se mobilise – plus de 30000 personnes au total.
    • 14 février : les écoles rappellent les élèves à l’ordre dans un souci de continuité de l’apprentissage.
    • 15 mars 2019 : le mouvement se coordonne à l’échelle mondiale. En Belgique, 50000 personnes manifestent.

Par la régularité et l’ampleur de leur mobilisation, les jeunes ont mis les enjeux climatiques au cœur du débat politique. Aujourd’hui, face à cette crise planétaire, ils et elles demandent une réponse internationale, solidaire et rapide, comme l’a été la mobilisation mondiale face à la pandémie de Covid 19.

Marine Bardin

Penser les faits : quelques pistes

Nature et climat
Quelle conception de la nature avons-nous ? Ou quelle conception voulons-nous avoir ? Au 21e siècle, la nature peut-elle être autre chose qu’un réservoir dans lequel les quelques 7,8 milliards d’habitant·e·s puisent quotidiennement ? La liste de ressources naturelles dont nous avons besoin est longue – eau, bois, pierre, sable, pétrole métaux, etc. -, mais ces ressources ne sont pas inépuisables. Que ferons-nous lorsqu’elles viendront à manquer ? Tou·te·s les habitant·e·s de la planète seront-ils et elles impacté·e·s de manière identique par ces manquements ?

Une autre conception considère que la nature a une existence propre. La nature fait alors partie intégrante de chaque individu et chaque individu fait partie de la nature. En ce sens, le concept de « nature sauvage », donc aussi de réserve naturelle où la nature est protégée des activités humaines, est un non-sens. Comment expliquez-vous que, dans certaines cultures, ce lien particulier avec la nature a été conservé ? Quels sont les événements qui ont pu mettre ce lien à mal dans le passé et aujourd’hui ?

Pensez-vous que ces conceptions différentes de la nature peuvent cohabiter sur la planète ? Une de ces deux conceptions prendra-t-elle, un jour, le pas sur l’autre ?

Sensibilisation
Que faites-vous au quotidien pour préserver la planète ? Quelles personnes ou quels événements vous ont incité·e·s à prendre des habitudes favorables à la protection de l’environnement ? Ou, au contraire, quelles sont les raisons qui vous découragent d’agir dans ce sens ?

Autour de vous, les différentes générations (frères et sœurs, parents, grands-parents, etc.) ont-elles les mêmes comportements et les mêmes idées que vous dans ce domaine ? Comment analysez-vous ces différences ou ces points communs ?

La faim dans le monde. L’accès à l’école pour tous les enfants. L’égalité entre les hommes et les femmes. La lutte contre le racisme. Les droits des personnes LGBTQI+. La protection de l’environnement, etc. Choisissez, dans cette liste, trois causes pour lesquelles vous seriez prêt·e à vous mobiliser. En voyez-vous d’autres importantes pour vous ? Seriez-vous prêt·e à agir de manière isolée pour ces trois combats ? Ou baisseriez-vous les bras car, seul·e, on ne peut rien ?

Vivre sans polluer
Depuis les années 1950, l’évolution du nombre de passager·e·s utilisant l’avion est exponentielle : entre 1970 et 2017, on est passé de 0,5 milliard de passager·e·s transporté·e·s en un an à 4,5 milliards (source : Organisation de l’aviation civile internationale).

Que pensez-vous de cette évolution ? Combien de fois avez-vous déjà pris l’avion depuis votre naissance ? Et vos parents et grands-parents : combien de fois ont-ils pris l’avion avant leurs 18 ans ? Que constatez-vous ? Quels facteurs expliquent cette évolution exponentielle ? Quels sont les avantages et les inconvénients de pouvoir prendre davantage l’avion que par le passé ? Est-ce que tou·te·s les habitant·e·s de la planète profitent de la même manière de cette évolution ? Avez-vous déjà (vous ou vos parents, pour vous) compensé votre empreinte carbone lorsque vous avez pris l’avion ? Que pensez-vous du fait que, à cause de la pandémie liée à la Covid 19, les transports aériens ont été, durant plusieurs mois, quasi à l’arrêt ?

L’avion n’est qu’un exemple parmi d’autres de la mondialisation où les échanges de personnes, de biens et de services s’accélèrent toujours plus à l’échelle de la planète. Manger des fruits exotiques toute l’année et se procurer le GSM dernier cri produit en Asie sont d’autres exemples. En voyez-vous d’autres ? Cette évolution peut-elle être considérée comme un progrès de notre civilisation ? Ce que l’on considère à une époque comme un progrès peut-il devenir une régression ? À partir de quand est-il souhaitable de faire machine arrière ?Pensez-vous avoir un rôle significatif à jouer ?

Solidarité
En juillet 2021, la Belgique a été touchée par d’importantes inondations : plus de 40 personnes sont mortes et des centaines d’autres se sont retrouvées sans abri. Rapidement, la solidarité entre les habitant·e·s du pays s’est mise en place. De très nombreuses personnes, dont des jeunes, se sont retroussées les manches, notamment pour aider à nettoyer les maisons inondées. D’autres personnes ont participé à des récoltes de matériel, de vêtements ou d’argent. Avez-vous été touché·e par ces inondations ? Avez-vous, d’une manière ou d’une autre, participé à cet élan de solidarité et de générosité ? Qu’est-ce qui vous a poussé à agir ainsi ? Pensez-vous que c’est aux citoyen.ne.s d’agir individuellement en cas de catastrophe ou que cette aide est uniquement de la responsabilité des pouvoirs publics ?

Le 24 août 2021, une étude internationale est publiée et affirme que le « réchauffement climatique augmente la probabilité et l’intensité de ce genre de précipitations extrêmes ». Cette étude vient corroborer le dernier rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), également paru en 2021.

À la suite des inondations et après ce constat, modifierez-vous vos habitudes afin de limiter les conséquences du réchauffement climatique ? Pensez-vous que les inondations du mois de juillet en Belgique conscientiseront davantage les Belges à la question climatique ? Les changements doivent-ils venir de chacun·e d’entre nous, sur une base volontaire ? Ou doivent-ils être impulsés par des décisions politiques (en matière de transport, d’urbanisme, d’utilisation des sols, etc.).

Manifestation
En 2019, des millions de jeunes ont, un peu partout dans le monde, fait la grève pour le climat : ils séchaient les cours pour descendre dans la rue afin de sensibiliser leurs ainé·e·s et le monde politique à la cause climatique. Ce mouvement est né, en 2018, sous l’impulsion de la suédoise Greta Thunberg. À l’époque, avez-vous participé à ces manifestations ? Si elles reprenaient aujourd’hui y participeriez-vous ? Souhaiteriez-vous que la direction de votre école vous soutienne dans ce combat, notamment en vous autorisant à sécher les cours pour manifester ? Pensez-vous que les jeunes ont un rôle tout particulier à jouer dans le domaine de l’environnement ? Auriez-vous peur d’être manipulé·e en participant à un tel mouvement ou pensez-vous pouvoir garder votre liberté de penser ?

Lorsqu’il s’agit de se mobiliser pour l’une ou l’autre cause, quel est, selon vous, l’impact des images véhiculées par les médias ? En ce qui concerne la protection de l’environnement, les images des koalas, pris au piège par les incendies de forêt en 2020 en Australie, ont ému les habitant·e·s aux quatre coins de la planète. Une mobilisation massive peut-elle être possible sans image ?

Anticipation
Mars 2036, en Belgique. Une dictatrice prend le pouvoir par la force. Face à la montée des eaux au Nord du pays et à l’augmentation exponentielle d’une maladie incurable liée à la pollution, elle prend, sans passer par le Parlement des décisions drastiques pour lutter contre le dérèglement climatique : interdiction de la possession d’une voiture (même électrique), interdiction des vols d’avion vers et depuis notre territoire, interdiction de dépasser la température de 18 degré dans son habitation, fermeture des magasins vendant des marchandises produites hors du pays, etc. Dans un récit d’anticipation, quelles autres mesures pourraient prendre cette dictatrice imaginaire ? Comment réagiriez-vous si une telle personne prenait réellement le pouvoir par la force ? Une personne peut-elle vous priver d’une partie de vos libertés pour une cause qu’elle estime juste à ses yeux ? Qu’est-ce qu’une cause juste ?

Revenons à la réalité. Quand vous pourrez voter – à moins que ce ne soit déjà le cas – prêterez-vous attention au programme des différents partis en matière d’environnement ? Pensez-vous que tous les partis doivent avoir une position et émettre des propositions concrètes à propos de cette question ?

Pour aller plus loin :


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