Iran : conflit entre plusieurs visions du monde ?
Cette fiche est rédigée à l’attention des tou·tes les enseignant·e·s et éducateur·rices de secondaire. Elle propose différentes pistes de réflexion parmi lesquelles choisir afin de mener une discussion de 15 minutes (ou plus si le contexte le permet). Crédit photo : iStock
Les faits
Après des mois de tensions, Israël et les États-Unis ont frappé l’Iran le 28 février, en dépit du droit international. Les deux alliés ont visé des sites militaires et de hauts responsables du régime. Lors des bombardements, le Guide suprême de la Révolution islamique, Ali Khamenei, a été tué, déclenchant une escalade majeure du conflit.
Le Moyen-Orient sous haute tension
Pour justifier l’intervention, Israël a invoqué « la menace existentielle posée par le régime iranien ». De son côté, le président américain, Donald Trump, a affirmé que l’Iran pouvait produire une bombe nucléaire « en quelques jours » et développait des missiles longue portée « bientôt capables d’atteindre le territoire américain ». Des affirmations mises en doute par certains médias, dont le New York Times.
En juin dernier, Israël et les États-Unis avaient déjà frappé plusieurs installations nucléaires iraniennes lors de la guerre dite « des douze jours ». Depuis, des pourparlers avaient repris entre les États-Unis et l’Iran pour encadrer le programme nucléaire iranien.
Malgré les avancées, l’offensive israélo-américaine a rapidement embrasé la région. L’Iran a répliqué, ciblant Israël et des sites américains aux Émirats arabes unis, au Qatar, en Arabie saoudite, au Koweït et à Bahreïn. Allié de Téhéran, le Hezbollah libanais a tiré des roquettes sur Israël, qui a riposté par des frappes meurtrières au sud du Liban et à Beyrouth. Un drone iranien s’est écrasé sur une base britannique à Chypre.
Entre deuil et célébrations
En Iran, la mort d’Ali Khamenei – au pouvoir depuis plus de 30 ans – a provoqué des réactions contrastées. La télévision d’État a montré des milliers d’Iranien·nes en pleurs à Téhéran, tandis que des vidéos relayées par le média en exil Iran International montraient des scènes de liesse dans plusieurs villes.
De plus en plus contesté dans son pays, Khamenei a toujours durement réprimé l’opposition. Ces dernières années, il a soutenu la répression brutale des mobilisations pour les droits des femmes et plus récemment des manifestations contre l’inflation, qui ont fait des dizaines de milliers de morts.
Appuis divisés
Sur la durée de l’opération, la Maison-Blanche a multiplié les déclarations contradictoires, évoquant « quelques jours » à « plusieurs semaines ». Un flou qui passe mal aux yeux de nombreux Américain·es, alors que Donald Trump avait promis d’éviter de nouveaux conflits à l’étranger. En Israël, l’opération bénéficie en revanche d’un large soutien populaire.
En Europe, seule l’Espagne s’est fermement opposée au conflit, refusant l’accès des Etats-Unis à ses bases militaires pour attaquer l’Iran. A l’inverse, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni se sont dits prêts à engager des mesures défensives si nécessaire. De son côté, la Belgique doit encore se positionner.
Florence Marot
Penser les faits
Droit international
De manière générale, le droit dit ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas, il fixe des règles pour que la force, la peur ou l’injustice ne décident pas à la place des personnes ce qu’elles font de leur existence. Ce faisant, il élargit la liberté des gens.
Comment imagineriez-vous un monde sans règles ? Comment y vivrions-nous ? Par quoi pourrait-on remplacer le droit ? Pourrait-on s’en passer ?
Le droit international fixe entre autres, les règles de vie commune des États sur Terre et, ce faisant, favorise la paix en définissant les moyens de régler des conflits.
Contrairement au droit national, une faiblesse du droit international est qu’il n’existe pas une instance supranationale — une sorte de super-police mondiale — respectée par tous les États qui impose le respect de la loi et sanctionne les violations de celle-ci. Seriez-vous favorables à l’instauration d’une telle institution ? Qui la contrôlerait ?
La fin justifie-t-elle les moyens ?
On l’a vu au Venezuela ; on le revoit en Iran : une intervention militaire s’efforce, entre autres, de faire vaciller un régime autoritaire aux pratiques délétères. Stricto sensu, il s’agit d’une agression militaire incompatible avec la Charte de l’Organisation des Nations Unies, une infraction au droit international. Peut-on enfreindre une règle pour atteindre un but que l’on estime juste ?
La désobéissance civile désigne précisément la même démarche : il s’agit, pour une personne, de désobéir volontairement à une loi considérée comme injuste, tout en acceptant les conséquences de son acte. Celle-ci doit être non-violente, sans recherche d’avantage personnel, et assumée publiquement comme une manière de contester une injustice.
Cette analogie — un État qui viole une règle internationale pour poursuivre un objectif stratégique, et un individu qui enfreint une loi pour défendre une valeur — est-elle pertinente ?
Jusqu'où la légitime défense va-t-elle ?
Plutôt que de la considérer comme une agression militaire représentant une infraction du droit international, les États-Unis d’Amérique et Israël conçoivent leur intervention comme de la légitime défense car l’Iran aurait un arsenal capable de les attaquer.
La légitime défense est un concept juridique selon lequel on peut faire soi-même usage de la violence, voire tuer, une personne qui nous attaque effectivement, personnellement. Qu’en est-il d’une personne qui ne nous aime pas (comme l’Iran n’aime ni les États-Unis ni Israël et n’a pas caché son espoir qu’Israël disparaisse), qui est armée, mais qui ne commet, à ce stade, aucune agression ? L’attaquer est-il toujours de la légitime défense ? Puis-je tuer quelqu’un dans la rue sous prétexte qu’il a une arme et qu’il ne m’aime pas ? Quelles sont les éventuelles limites de cette comparaison ?
Valeur d'une vie humaine
Ces affrontements ont des conséquences directes sur les populations civiles : victimes de bombardements, déplacements forcés… Peut-on prendre des décisions en oubliant leurs conséquences ? Cela est-il moral ? Est-il justifié dans certains cas de se servir de la force ? Si oui, dans quels cas, d’après vous ? Si pas, pourquoi ? Sur quelle base décide-t-on de ce qui est juste ou pas ? De ce qui est bon et de ce qui est mauvais ? Y a-t-il quelque chose de plus précieux qu’une vie humaine ? Qu’est ce qui selon vous en justifierait le sacrifice ?
« Pas en mon nom »
La démocratie est un régime politique dans lequel le pouvoir appartient au peuple. Estimez-vous qu’une fois mise au pouvoir par le peuple, une personne peut faire tout ce qu’elle veut ou doit-elle se soucier de la volonté populaire ? Il arrive que des personnes soient élues et adoptent des pratiques autoritaires qui restreignent les droits des gens. Vladimir Poutine est un exemple. Dans ces cas, peut-on toujours parler de démocratie ?
Parfois, on a l’impression que certaines personnes élues ont un tel égo qu’elles n’écoutent plus personne, se croient tout permis et prennent des décisions davantage motivées par leur propre image/leurs propres intérêts que par l’intérêt général. Il arrive que des citoyen·nes expriment leur désaccord en proclamant « Not in my name » (« Pas en mon nom »). Pensez-vous qu’on puisse se désolidariser des déclarations faites et actes posés par nos autorités démocratiquement élues en notre nom collectif ? Comment ?
Droit des femmes
Le régime taliban est généralement perçu comme le plus extrême. Les autorités saoudiennes et iraniennes restreignent aussi les droits et libertés individuelles des femmes. Le fait de les pointer du doigt nous exonère-t-il de regarder la façon dont nos sociétés traitent les femmes ? Oui, leur sort est plus enviable que celui des femmes afghanes, iraniennes et saoudiennes, mais est-ce pour autant qu’il ne reste plus rien à faire ici ? Pensez-vous que le fait que les femmes et les hommes aient les mêmes droits dans la loi soit suffisant pour que dans les faits/dans la réalité quotidienne ce soit aussi le cas ? Que pourrait-on/devrait-on encore faire, chez nous, pour améliorer les droits des femmes ?
Le président Trump a, dans sa vie, multiplié les comportements, attitudes et paroles sexistes. Il a pris des dispositions pour freiner les revendications des femmes qui réclament l’égalité et les recherches scientifiques qui étudient cette question. Un·e président·e élu·e ne doit-il ou elle pas défendre l’ensemble de sa population ?
Realpolitik - la réaction des pays européens
Après l’attaque, les représentant·es des pays européens, à l’exception de l’Espagne, ont fait des déclarations en demi-teinte, appelant à la désescalade, au respect du droit international. Comment peut s’expliquer cette retenue ?
La realpolitik désigne une approche des relations internationales fondée avant tout sur les intérêts stratégiques des États, la sécurité, les alliances militaires ou les équilibres de puissance. À l’inverse, la moralpolitik désigne une approche fondée sur des valeurs et sur les droits humains. Ces deux approches sont-elles compatibles ? Les pays qui privilégient la moralpolitik sont-ils encore écoutés ? Quelles priorités attendez-vous de vos autorités ? La défense des principes du droit international, la protection des intérêts économiques, sécuritaires ? Une savante combinaison des deux ?
Rôle des réseaux sociaux
Depuis le début des affrontements, des milliers de vidéos et photos circulent en masse sur les réseaux sociaux, souvent produites par des témoins directs ou des observateur·rices anonymes. Néanmoins, ces images ne sont pas toujours fiables. Elles peuvent être plus anciennes, sorties de leur contexte, générées par une IA… Que penser de ces images partagées avec très peu de contextualisation ? Comment les exploiter ? Quel crédit leur accorder ? Ce phénomène de diffusion et de partage des réseaux sociaux en fait-il une source d’information fiable ? Comment vérifier l’origine et la véracité d’une image ou d’une vidéo avant de la considérer comme une information « crédible » ?
La diffusion et le partage de ces images sur les réseaux sociaux illustre, à nouveau, l’omniprésence des conflits dans notre quotidien. Via quels médias/profils/personnes avez-vous eu accès à ces images ? Quel(s) effet(s) ont-elles sur vous ?
Réactions médiatiques
Comme dans d’autres conflits récents, nous avons pu suivre ce conflit en direct sur les sites d’information. Dans ce contexte, les médias se retrouvent tiraillés entre le fait de transmettre l’information le plus vite possible (en partageant surtout des contenus diffusés sur les réseaux sociaux) et d’attendre des confirmations pour garantir la fiabilité des faits. Quels réflexes doivent avoir les médias pour transmettre une information rapide sans renoncer à la vérification ? Le rôle des médias est-il de nous présenter les faits ou de nous dire ce qu’il faut penser de ces faits ?
En réaction à la mort du Guide Suprême Ali Khamenei, nous avons eu accès à plus d’images d’une foule qui pleure son dirigeant qu’à celles de gens heureux et soulagés de la mort d’un chef autoritaire. Comment cela s’explique-t-il selon vous ? Les images que nous voyons influencent-elles ce que nous pensons du conflit ? Pourquoi certaines images circulent-elles plus que d’autres ?
Et après ?
Après ces attaques, le monde a les yeux tournés vers l’Iran et se demande ce qu’il va se passer dans les jours, les semaines, les mois et les années à venir. Va-t-il y avoir un changement de régime, le retour du Shah, un remplacement du Guide suprême par un autre plus autoritaire ou par quelqu’un qui engagera des réformes ? Personne ne peut le prédire.
Quelles qualités sont-elles selon vous, les plus importantes pour un·e chef·fe d’État ? Quels avantages et inconvénients voyez-vous aux régimes présidentiels, aux régimes monarchiques et aux régimes autoritaires ? Avez-vous d’autres exemples de modèles pour s’organiser en société ?
En quoi le fait d’ignorer de quoi demain sera fait est-il un problème pour les citoyen·nes iranien·nes ? En quoi le doute pose-t-il problème ?
Impact sur les émotions
Ce conflit n’est pas seulement un événement géopolitique. C’est aussi un événement émotionnel mondial, vécu à distance mais en temps réel, via les médias et les réseaux sociaux. Les vies humaines détruites, les menaces de riposte, l’évocation d’un risque nucléaire, l’élargissement du conflit, l’impact sur le prix de l’énergie : tout cela agit sur nos émotions : la peur de la violence, la colère, la lassitude face à ces guerres à répétitions, une saturation de l’information à ce sujet, l’inquiétude, l’incompréhension, l’indifférence… Quelles émotions ces informations et ces images génèrent-elles ? En comprenez-vous les raisons ? Pensez-vous que les émotions aident à comprendre le conflit ou qu’elles nous empêchent de réfléchir ?
Pour aller plus loin :
Les Clés – Iran : vers la mort du droit international ? – Auvio
Sources :
- https://www.rtbf.be/article/frappes-contre-l-iran-pourquoi-les-etats-unis-et-israel-ont-ils-decide-d-attaquer-ce-week-end-11687621
- https://www.nytimes.com/2026/02/26/us/politics/trump-iran-claims-nuclear-weapons.html
- https://www.rtbf.be/article/ali-khamenei-portrait-d-un-intransigeant-dernier-guide-supreme-de-la-republique-islamique-d-iran-11687374
- https://www.franceinfo.fr/monde/iran/guerre-entre-les-etats-unis-israel-et-l-iran/comment-donald-trump-entretient-le-flou-sur-ses-objectifs-de-guerre-en-iran_7840727.html
- https://www.rtbf.be/article/conflit-au-moyen-orient-et-l-europe-dans-tout-ca-11688858
- ‘Non à la guerre’ : le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez tient tête à Donald Trump et reçoit le soutien des Européens – RTBF Actus
- Le gouvernement belge fracturé par la guerre au Moyen-Orient – RTBF Actus
Intervention des États-Unis au Venezuela
Cette fiche est rédigée à l’attention des tou·tes les enseignant·e·s et éducateur·rices de secondaire. Elle propose différentes pistes de réflexion parmi lesquelles choisir afin de mener une discussion de 15 minutes (ou plus si le contexte le permet). Crédit photo : iStock
Les faits
Le 3 janvier 2026, les États-Unis ont annoncé la capture du président du Venezuela, Nicolás Maduro, et de son épouse, Cilia Flores, après une offensive militaire à Caracas. Transféré·es à New York, tous deux ont comparu le 5 janvier devant la justice américaine, où il et elle sont notamment poursuivi·es pour trafic de drogue. Le couple a plaidé non coupable.
Les réserves de pétrole en ligne de mire
Donald Trump a justifié l’opération américaine par la lutte antidrogue. Mais il n’a pas caché son second objectif : l’exploitation des réserves pétrolières. Le Venezuela dispose des plus vastes réserves d’or noir au monde. Une richesse dont les États-Unis s’estiment lésés depuis que le pays a commencé à nationaliser son industrie à partir des années 1970. Cette politique s’est intensifiée sous Hugo Chávez dans les années 2000, poussant plusieurs entreprises américaines à se retirer. Aujourd’hui, l’industrie est en lambeaux. Miné par la corruption et frappé par des sanctions américaines imposées en réponse aux atteintes démocratiques du régime, le Venezuela ne produit plus qu’1 % de l’offre mondiale de pétrole.
Un régime autoritaire et répressif
Reconduit en 2024 au terme d’élections critiquées, Nicolás Maduro régnait d’une main de fer sur le Venezuela depuis 2013. Réduction des libertés politiques, répression de l’opposition, arrestations arbitraires, violations des droits humains… Il a poussé environ un quart de la population à l’exil.
Dans le pays, sa destitution a suscité des réactions contrastées : espoir de justice pour les un·es, protestations contre une violation de la souveraineté nationale pour les autres.
La légalité de l’opération en question
L’intervention américaine soulève d’importantes questions juridiques. Aux États-Unis, le Congrès – censé autoriser tout conflit à l’étranger – n’a pas été consulté. L’administration Trump soutient que l’opération visait à arrêter un « trafiquant de drogue », et non à déclencher un conflit.
Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est aussi penché sur la question. La Russie et la Chine ont accusé les États-Unis de violer le droit international, tandis que les alliés de Washington sont restés plus discrets. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a averti que l’opération créait « un dangereux précédent ».
Alors que Donald Trump menace également Cuba et la Colombie, l’Union européenne s’inquiète quant à elle des revendications américaines sur le Groenland. Ce territoire danois, riche en minerais, occupe une position stratégique pour les États‑Unis. Une annexion américaine risquerait de déstabiliser l’OTAN et de bouleverser l’ordre mondial.
Florence Marot
Penser les faits
De l’importance du droit international
« L’intervention étasunienne au Venezuela était peut-être souhaitable, entend-on, mais elle était illégale. »
De manière générale, le droit dit ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas, il fixe des règles pour que la force, la peur ou l’injustice ne décident pas à la place des personnes ce qu’elles font de leur existence. Ce faisant, il élargit la liberté des gens.
Comment imagineriez-vous un monde sans règles ? Comment y vivrions-nous ? Par quoi pourrait-on remplacer le droit ? Pourrait-on s’en passer ?
Le droit national permet le vivre ensemble des individus d’un même pays, le droit international, lui, fixe les règles du vivre ensemble des États.
Que pensez-vous des différentes affirmations ci-dessous, justifiant de l’existence du droit international ? D’accord ? Pas d’accord ? Entre les deux ?
- Le droit international fixe les règles de vie commune des États sur Terre.
- Le droit international favorise la paix en définissant les moyens de régler des conflits.
- Le droit international favorise les échanges culturels et commerciaux.
- Le droit international favorise la protection des personnes et de l’environnement, au moyen de traités internationaux protégeant le climat et l’environnement, luttant contre le terrorisme, régulant les migrations, etc.
- Le droit international favorise les relations quotidiennes en fixant des normes techniques (par exemple : les règles de l’aviation aérienne, des standards pour les communications téléphoniques) qui s’appliquent partout.
Une faiblesse du droit international est qu’il n’existe pas — comme pour le droit national — une instance supranationale — une sorte de super-police mondiale — respectée par tous les États qui impose le respect de la loi et sanctionne les violations de celle-ci. Seriez-vous favorables à l’instauration d’une telle institution ? Qui la contrôlerait ?
Les gouvernements européens aiment rappeler l’importance du droit international. Pourquoi se taisent-ils ou réagissent-ils faiblement lorsque Donald Trump l’enfreint ? Martin Luther King a dit « En fin de compte, nous nous souviendrons non pas des paroles de nos ennemis, mais du silence de nos amis. » Dans quelle mesure êtes-vous d’accord ? Pensez-vous que cette citation puisse s’appliquer dans ce cas-ci ?
Procès équitable
Nicolás Maduro et son épouse seront jugé·es aux États-Unis. Pour qu’un procès soit équitable, il doit respecter un certain nombre de règles/conditions internationalement reconnues.
Il faut :
- que le tribunal soit indépendant et impartial ;
- que l’audience soit publique (pour garantir la transparence de la justice) ;
- que le procès se déroule dans un délai raisonnable ;
- que toutes les parties au procès aient la possibilité de présenter leurs arguments et leurs preuves ;
- que toute personne accusée soit présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité soit légalement établie ;
- que l’accusé·e dispose du temps et des facilités nécessaires pour préparer sa défense, y compris l’accès à la totalité du dossier et à un·e avocat·e dès le premier interrogatoire de police.
Pensez-vous que, dans ce cas-ci, les conditions seront rencontrées ? Sur quoi basez-vous cette conviction personnelle ?
Systèmes de domination et loi du plus fort
La loi du plus fort est un concept selon lequel, dans le cadre d’une confrontation entre des individus ou des peuples, c’est celui qui a le plus de force qui domine, qui impose sa volonté aux plus faibles.
Il existe différentes façons d’imposer ses intérêts par la force. On peut envoyer des personnes sur une terre étrangère pour y exploiter ce qui nous y intéresse mais aussi ceux qui y vivent : c’est la colonisation. On peut aussi ne pas déplacer ses nationaux, mais utiliser le chantage, la corruption ou la contrainte économique pour obtenir des avantages exagérés, démesurés : c’est l’impérialisme. On peut aussi profiter de la faiblesse d’un interlocuteur étranger pour exiger de lui des concessions excessives : c’est l’exploitation. Différents pays dans le Monde, tels les États-Unis, la Chine, la Russie, mais aussi les pays européens ont utilisé par le passé et, pour certains, continuent d’utiliser ces systèmes de domination.
Que pensez-vous de ces systèmes de domination ? Certains sont-ils plus acceptables que d’autres ? Ils ont quasi-toujours été accompagnées d’oppressions, de violences considérables à l’encontre des personnes dominées. Pensez-vous que ce soit inéluctable ? Pensez-vous que l’intervention des États-Unis au Venezuela représente l’un de ces systèmes de domination ?
Peut-on imposer nos désirs par la force ? Cela est-il moral ? Est-il justifié dans certains cas de se servir de la force ? Si oui, dans quels cas, d’après vous ? Si pas, pourquoi ? Sur quelle base décide-t-on ce qui est juste ou pas ? De ce qui est bon et de ce qui est mauvais ?
« Nous avons besoin du pétrole vénézuélien pour la sécurité nationale des États-Unis » dit Donald Trump. La fin (atteindre un but, assouvir un désir) justifie-t-elle les moyens ? Peut-on utiliser tous les moyens possibles pour atteindre des objectifs personnels ou collectifs ?
Propriété des ressources naturelles
Les États-Unis affirment : « les ressources pétrolières du Venezuela nous appartiennent car les autorités de ce pays les ont vendues à ces compagnies pétrolières américaines ». Le Venezuela, lui, dit : « ce qui se trouve sur notre territoire est à nous, cette vente ne vaut pas car on nous a forcé la main ». D’autres pensent que les ressources naturelles appartiennent à la nature et sont dès lors des biens communs. C’est de la responsabilité de tous·tes de les préserver.
À qui appartiennent les ressources naturelles présentes dans un pays ? Un pays peut-il s’emparer des ressources naturelles d’un autre ? Comment faire pour gérer les ressources naturelles dans un intérêt collectif, le nôtre, celui des autres et celui de la préservation de la Planète (pour les générations futures) ? Comment se positionner lorsque la ressource naturelle en question (ici le pétrole) détruit le bien commun ?
Mise en scène d’un récit médiatique
Différentes photos/vidéos nous sont parvenues au fur et à mesure de l’opération lancée par les États-Unis réelles (Nicolás Maduro les yeux bandés), détournées de leur contexte initial (images datant de 2024 montrant la destruction d’affiches de Nicolás Maduro) ou générées par l’IA (Nicolás Maduro entre deux militaires américains).
Par qui nous sont transmises ces images ? Pourquoi nous parviennent-elles ? Avec quelle intention ? Que racontent-elles ? Quelles émotions suscitent-elles ? Leur diffusion est-elle nécessaire ? Avec le développement des IA, vérifies-tu les images qui te sont transmises ? De quelle manière ? Quels critères te guident pour évaluer la fiabilité de ces images ?
Confronter ses idées sur les réseaux sociaux : le campisme
Sur les réseaux sociaux, deux récits se sont très rapidement opposés : d’une part, les partisans de l’intervention, saluant la chute d’un dictateur et la libération du peuple vénézuélien et, d’autre part, la dénonciation de l’impérialisme des États-Unis et du non-respect du droit international. Dans ce contexte, critiquer l’opération militaire étasunienne est perçu comme un soutien apporté à Nicolás Maduro, responsable de nombreuses violations des droits humains. Rappeler les crimes de celui-ci revient à l’inverse à soutenir l’opération de Donald Trump.
Que pensez-vous du rôle des réseaux sociaux dans de telles situations ? Les réseaux sociaux contiennent-ils encore des opinions nuancées ? Permettent-ils encore le développement de pensées complexes ? Est-on obligé de choisir un camp ? Ne peut-on pas, à la fois, critiquer Nicolás Maduro ET l’opération de Donald Trump ?
Des raisons d’espérer ?
Le droit international est aujourd’hui sévèrement attaqué. Dans quelle mesure êtes-vous personnellement d’accord ou en désaccord avec les affirmations suivantes ?
- Les attaques portées contre le droit international et les institutions qui le portent prouvent justement la valeur et la pertinence de ces institutions.
- L’histoire regorge de nombre de citoyens et citoyennes qui se sont battu·es pour des acquis sociaux et empêcher un retour en arrière sur certains droits fondamentaux (sexisme, racisme, homophobie, esclavage, peine de mort, torture…) et qui ont obtenu gain de cause.
- La mobilisation citoyenne est un pouvoir plus important que jamais ; il faut continuer à s’indigner et s’emparer de nos moyens de contestation.
- L’espoir, ce n’est pas l’idée que ça ira mieux, mais l’idée que l’on peut agir.
- Le droit international traverse une crise grave. Il y aura des reculs, des injustices, des impunités, mais abandonner le droit, c’est laisser le champ libre à la violence pure.
Pour aller plus loin :
Sources :
- https://www.rtbf.be/article/comment-l-or-noir-le-petrole-venezuelien-est-devenu-l-objet-de-convoitise-des-etats-unis-et-le-nerf-de-la-guerre-entre-washington-et-caracas-11656123
- ‘Nous allons diriger le Venezuela jusqu’à ce que nous puissions assurer une transition sûre, appropriée et judicieuse’, dit Trump (relire notre direct) – RTBF Actus
- Conflit USA-Venezuela : une bataille des récits jusqu’en Belgique – RTBF Actus
- La revue de presse : face aux menaces des États-Unis, l’Union européenne semble paralysée – RTBF Actus
- La capture de Nicolás Maduro par les États-Unis est-elle justifiable en droit international ? – RTBF Actus
- L’Europe ‘prend certaines mauvaises directions’, affirme Trump – RTBF Actus
- https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/04/enlevement-de-nicolas-maduro-le-congres-americain-victime-collaterale-de-l-intervention-au-venezuela_6660496_3211.html
- https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20260105-l%C3%A9galit%C3%A9-capture-nicolas-maduro-%C3%A9tats-unis-d%C3%A9battu-onu-venezuela-intervention-am%C3%A9ricaine-trafic-drogue
- Convention européenne des droits de l’homme : https://www.echr.coe.int/documents/d/echr/Convention_FRA
- Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966. : https://www.ohchr.org/fr/instruments-mechanisms/instruments/international-covenant-civil-and-political-rights
- Charte des Nations Unies : https://www.un.org/fr/about-us/un-charter/full-text
- Jean-Jacques ROUSSEAU, Le contrat social, https://www.rousseauonline.ch/pdf/rousseauonline-0004.pdf
- Charles de Secondat de Montesquieu, De l’esprit des lois, https://institutdeslibertes.org/wp-content/uploads/2013/09/Montesquieu_esprit.pdf
Reparlons climat !
Cette fiche est rédigée à l’attention des tou·tes les enseignant·e·s et éducateur·rices de secondaire. Elle propose différentes pistes de réflexion parmi lesquelles choisir afin de mener une discussion de 15 minutes (ou plus si le contexte le permet). Crédit photo : iStock
Les faits
La 30ᵉ conférence des Nations unies sur le climat (COP30), qui a rassemblé plus de 190 Etats au Brésil, s’est conclue sur un accord peu ambitieux, qui n’appelle pas explicitement à la sortie des énergies fossiles.
Seule véritable avancée : le triplement d’ici 2035 des fonds pour l’adaptation des pays du Sud globalt, les plus touchés par les impacts climatiques tout en étant historiquement les moins responsables des émissions de gaz à effet de serre.
Parmi les enjeux majeurs de cette COP, la présidence brésilienne n’a pas réussi à établir une feuille de route pour la sortie des énergies fossiles, largement responsables du réchauffement. Si l’Union européenne en faisait une priorité, la Russie, la Chine et l’Arabie saoudite s’y sont opposées, entraînant le report des discussions dans un processus parallèle su base volontaire.
De plus, peu de progrès ont été engrangés sur le renforcement des ambitions climatiques ett l’accord reste faible sur la lutte contre la déforestation. Seul un fonds destiné à la protection des forêts tropicales a été lancé.
Une planète à +2,8°C
Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), avec les engagements actuels, le monde se dirige vers un réchauffement d’environ +2,8°C d’ici la fin du siècle.
Alors que le seuil de +1,5°C établi par l’Accord de Paris – et franchi pour la première fois en 2024 – menace déjà de nombreux écosystèmes comme les océans et les forêts tropicales, cette COP a été marquée par une présence record des peuples autochtones, venus protester contre les menaces qui pèsent sur leurs lieux de vie.
Lutter contre la désinformation
À l’ouverture du sommet, le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a déclaré vouloir « infliger une nouvelle défaite aux négationnistes ». A l’heure où Donald Trump – climatosceptique avéré – a désengagé les États-Unis de l’Accord de Paris, la désinformation sur le climat gagne du terrain malgré les connaissances scientifiques actuelles.
Dans ce contexte, plusieurs pays, dont la Belgique, ont signé à la COP la première « Déclaration sur l’intégrité de l’information sur les changements climatiques », s’engageant non seulement à combattre les intox, mais aussi à garantir des fonds pour la recherche à ce sujet.
Recul des ambitions en Europe
En Europe, les politiques climatiques ont également glissé au second plan. Le « Pacte vert » de la Commission européenne a progressivement été dilué par les partis de droite et d’extrême droite au Parlement européen.
La Belgique n’échappe pas non plus aux critiques : elle perd deux places dans le Climate Change Performance Index 2026 et se classe 37e sur 63. Ses performances sont jugées non alignées avec l’Accord de Paris et sa stratégie climatique à long terme est qualifiée de « peu ambitieuse ».
Florence Marot
Penser les faits
COP et gouvernance
La COP est une réunion de très nombreux États qui doivent se mettre tous d’accord. Pensez-vous que ce système soit le plus efficace pour relever les défis auxquels toute l’humanité est confrontée ? Pensez-vous qu’abandonner une organisation du monde avec des États différents au profit d’un seul État mondial serait une solution ? Pourquoi ? La protection de certains éléments naturels bénéfiques à tou·tes, comme la forêt amazonienne doit-il peser sur la responsabilité des états où il se trouve ou est-ce l’affaire de tous les autres pays également ?
Selon la coalition Kick The Big Polluters Out 1600 lobbyistes du pétrole et du gaz étaient présent·es à la COP30 pour peser sur les négociations. Certain·es s’en offusquent estimant que cela revient à « inviter des marchands d’armes à la négociation d’un accord de paix ». Ces lobbyistes estiment pour leur part qu’ils et elles sont les mieux placé·es pour contribuer à la diminution des émissions de gaz à effet de serre. Qu’en pensez-vous ?
Le climat dans les médias
En 2019, des manifestations d’ampleur auxquelles participaient les jeunes – organisées par eux·elles-mêmes dans certains cas – ont mis à l’agenda médiatique (et politique) les questions environnementales. Six ans après, la question climatique est beaucoup moins traitée. Elle a laissé la place, notamment, aux questions de pouvoir d’achat et de défense.
Pourquoi l’environnement est-il aujourd’hui un enjeu peu/moins visible dans l’espace médiatique ? Qu’en pensez-vous ? Trouvez-vous encore le discours écologiste audible dans les médias ? Pourquoi ? Selon vous, les médias traditionnels développent-ils suffisamment les questions climatiques ? Avez-vous le sentiment que ces médias s’emparent de sujets qui sont au centre de vos préoccupations ?
Toujours plus ?
Autrefois, on vivait différemment (vêtements plus solides, moins de vacances à l’étranger, etc.). Il en résultait beaucoup moins d’émission de gaz à effet de serre. Aujourd’hui, ne pas posséder un téléphone est inimaginable. Pourtant, cela a un impact sur l’environnement. Ainsi, le numérique devrait être responsable de 8 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde en 2025, dépassant ainsi les émissions automobiles. On le voit : ce qui était exceptionnel (ou superflu) devient normal et ce qui était normal devient une sorte de minimum vital, au sens propre d’un minimum en dessous duquel il n’est pas imaginable de descendre de crainte de risquer sa vie.
Avez-vous conscience que vos comportements, vos usages ont un impact plus global sur l’environnement ? Cette conscience vous guide-t-elle au quotidien ? Pourriez-vous vivre d’une façon plus frugale ? Serait-ce difficile ? Vraiment impossible ? Ou seulement pénible ? Quelle différence faites-vous entre un besoin et un désir ? Dans quelle mesure peut-on parler d’addiction à la consommation ? Posséder plus (que les autres) rend-il plus heureux ?
Responsabilité
La responsabilité est une obligation faite à une personne de répondre de ses actes et d’en supporter toutes les conséquences. En droit, on distingue la responsabilité civile (la personne responsable doit dédommager les victimes pour les dommages causés) et la responsabilité pénale (la personne qui a enfreint la loi doit être punie).
Les générations qui précèdent (du moins les plus anciennes) ignoraient ou n’ont pas cru que leur mode de vie avait un effet destructeur sur la planète. Peut-on parler de faute et de responsabilité quand ce n’était pas volontaire ?
Et vous, personnellement, Comment considérez-vous votre responsabilité ? Que pensez-vous de l’affirmation suivante : « Nous ne sommes pas responsables de cette situation, mais nous le devenons si, la connaissant, nous ne faisons rien pour la corriger » ?
Le 19/11/2025 s’est ouvert le procès entre Hugues Falys et TotalEnergies. Un agriculteur attaque le géant du pétrole afin de dénoncer sa responsabilité dans le dérèglement climatique. Il estime que l’activité de la multinationale est ainsi responsable de la diminution de ses rendements agricoles et qu’il doit, en conséquence, recevoir un dédommagement. Que pensez-vous de cette initiative ?
Qui est le plus responsable entre les entreprises qui polluent, les consommateur·rices qui les font vivre et les autorités qui laissent faire ? Cette apparente dilution des responsabilités n’a-t-elle pas pour effet de soulager notre conscience et de ne rien faire ?
Gouvernement et état de droit
Plusieurs ministres fédéraux ont suggéré qu’on devrait marquer une pause dans les décisions visant à limiter le dérèglement climatique afin de se concentrer sur notre situation économique et les économies budgétaires. Des experts répondent que le climat, lui, n’attendra pas pour se dérégler et que les mesures à prendre seront d’autant plus coûteuses qu’on attend longtemps avant de les prendre. D’autres ajoutent que lutte contre le dérèglement climatique et prospérité économique ne sont pas forcément incompatibles.
Préférez-vous qu’on agisse maintenant de façon déterminée ou laisser aux générations suivantes le soin de régler un problème qui aura considérablement gagné en ampleur ?
Des États ont été condamnés en justice parce qu’ils ne prenaient pas suffisamment de mesures contre le dérèglement climatique. La Cour internationale de Justice s’est aussi prononcée en ce sens. Que pensez-vous d’un gouvernement qui ne respecte pas la loi et les décisions de justice ?
Climatoscepticisme
La communauté scientifique mondiale indépendante est unanime pour établir un lien direct entre l’activité humaine et le dérèglement climatique. Des personnalités politiques le minimisent ou le nient. Les réseaux sociaux donnent la parole à de très nombreuses personnes qui formulent des commentaires climatosceptiques, voire complotistes.
Vous êtes-vous déjà retrouvé·es face à des contenus relayant des opinions climatosceptiques ? Que pensez-vous de cette posture/attitude ? Selon vous, la parole de quelqu’un qui relaie son avis sur les réseaux sociaux a-t-elle autant de poids que celle d’un·e scientifique ? Quelle différence fait-on entre une opinion et un fait ? Que penser d’une opinion qui nie l’existence d’un fait ? Comment se protéger contre les sources d’information falsifiées ? Vérifiez-vous les informations que vous relayez sur les réseaux ? Si oui, selon quels critères ?
Conception de la nature
La liste de ressources naturelles dont nous avons besoin est longue – eau, bois, pierre, sable, pétrole, métaux, etc. -, mais ces ressources ne sont pas inépuisables. Que ferons-nous lorsqu’elles viendront à manquer ? Tou·tes les habitant·es de la planète seront-ils et elles affecté·es de manière identique par ces pénuries ?
Certain·es – pour des raisons tantôt culturelles, tantôt scientifiques – considèrent que la nature est un être vivant en soi dont l’être humain n’est qu’un élément parmi d’autres. L’Équateur et la Bolivie ont inscrit dans leurs constitutions respectives que la nature a des droits inaliénables. En Espagne, une loi de 2022 accorde la personnalité juridique à la Mar Menor. Pensez-vous que les animaux, les arbres, les rivières, les océans et/ou la nature dans son ensemble devraient avoir des droits ? Comment organiser la défense de ces droits en justice ? Qui serait légitime pour représenter la nature ?
La Cour pénale internationale a pour vocation de juger les personnes qui ont commis les crimes les plus abjects. Aujourd’hui, elle est compétente pour juger les crimes commis envers les personnes (génocide, guerre, etc.). Estimez-vous que l’écocide, la destruction irrémédiable d’un écosystème par des causes humaines, devrait être intégrée au Statut de Rome ou les crimes contre les humains restent-ils plus graves que ceux dont la nature est victime ?
Action
En Belgique, les grandes manifestations pour le climat ont mobilisé 30 000 personnes le 05 octobre 2025, alors qu’elles mobilisaient 100 000 personnes en 2019. Comment peut-on expliquer cette évolution ? Avez-vous déjà participé à des manifestations ? Pourquoi (pas) ? Pensez-vous que cela est utile et puisse influencer nos dirigeant·es ? Quelles pourraient-être les différentes raisons qui font que des personnes manifestent ?
Voir que des sujets importants sont peu pris en compte et que les décisions ne suivent pas peut susciter différentes réactions : fatalisme, découragement, anxiété, désintérêt, surinformation, passage à l’action… Vous reconnaissez-vous dans une de ces attitudes ? Comment vous situez-vous par rapport aux dérèglements climatiques ? Quand vous vote(re)z, prêt(er)ez-vous attention au programme des partis en matière d’environnement ? Pensez-vous que tous les partis doivent s’emparer de cette question ?
Jusqu’où pourriez-vous aller pour défendre le bien commun ? Pourriez-vous envisager de faire des actions de désobéissance civile (comme bloquer l’accès à une industrie polluante, éteindre des enseignes publicitaires lumineuse, …) pour défendre la nature ?
Pour aller plus loin :
- https://auvio.rtbf.be/media/le-grand-dossier-le-debat-le-grand-dossier-le-debat-3404772
- Les jeunes et les enjeux climatiques – une étude de l’UCL | News.belgium
- CSEM, L’impact environnemental de nos usages numériques, 2024.
- Baromètre de la solidarité internationale, L’opinion des Belges sur les différents enjeux de solidarité internationale, Le Vif et le CNCD-11.11.11, 2025.
Sources :
- https://www.rtbf.be/article/energies-fossiles-forets-qu-est-ce-qui-a-ete-decide-pour-le-climat-lors-de-la-cop30-a-belem-au-bresil-11636132#forets
- https://climat.be/actualites/2025/la-cop30-s-ouvre-a-belem
- https://www.rtbf.be/article/cop-30-la-belgique-signe-la-premiere-declaration-internationale-contre-la-desinformation-climatique-11634743
- https://www.rtbf.be/article/cop30-la-belgique-rangee-parmi-les-pays-a-faible-performance-climatique-11633620
- https://www.lesoir.be/710796/article/2025-11-13/pourquoi-lextreme-droite-sen-prend-au-climat
- https://www.rtbf.be/article/la-pacte-vert-europeen-est-passe-au-bleu-pendant-la-campagne-electorale-11385111
- https://www.rtbf.be/article/rechauffement-climatique-la-belgique-pourrait-perdre-jusqu-a-5-de-son-pib-d-ici-2050-11634187
- Un agriculteur belge défie TotalEnergies : ‘La justice pourrait obliger l’entreprise à réduire sa production de gaz et de pétrole’ – RTBF Actus
- https://www.rtbf.be/article/proces-climat-en-appel-l-etat-belge-la-flandre-et-bruxelles-sommes-de-reduire-leurs-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-la-flandre-veut-aller-en-cassation-11294339
- https://www.rtbf.be/article/la-cour-internationale-de-justice-prend-une-decision-historique-les-etats-pollueurs-deviendront-ils-les-etat-payeurs-face-au-changement-climatique-11579511
- Articles 6, 7 et 8 du Statut de Rome. https://www.icc-cpi.int/sites/default/files/Statut-de-Rome.pdf
- Decreto-Ley 2/2019 (26 décembre 2019), de Protección Integral del Mar Menor (décret-loi sur la protection intégrale de Mar Menor).



