16 november 2022

Cette fiche est rédigée à l’attention des tou·tes les enseignant·es et éducateur·rices de secondaire. Elle propose différentes pistes de réflexion parmi lesquelles choisir afin de mener une discussion de 15 minutes (ou plus si le contexte le permet). Photo : Pexels sur Pixabay.

Les faits

La Coupe du monde masculine de football aura lieu du 20 novembre au 18 décembre au Qatar. Le Qatar est trois fois plus petit que la Belgique et compte 2,5 millions d’habitant·es, les migrant·es représentent 94 % de la population active et 70 % de la population totale. Ce pays désertique de la péninsule arabique est, depuis la création de cette compétition en 1930, le premier pays arabe à organiser cette épreuve sportive. La FIFA (Fédération internationale de football association) a attribué l’organisation de cette compétition au Qatar le 2 décembre 2010. À l’époque, les États-Unis, le Japon, l’Australie et la Corée du Sud avaient aussi présenté leur candidature.

Depuis l’annonce de ce choix de la FIFA pour le Qatar en 2010, celui-ci a été controversé, principalement pour trois raisons. Les manquements en ce qui concerne les droits humains dans ce pays, son climat désertique, peu propice à l’organisation d’une épreuve sportive ou encore les soupçons de corruption sur sa désignation comme pays hôte. Ces controverses ont resurgi ces dernières semaines, à l’approche du début du tournoi.

En ce qui concerne les droits humains, de nombreuses ONG (dont Amnesty International) mettent en avant le fait que la liberté d’expression est bafouée au Qatar. Les dissident·es qui, notamment sur les réseaux sociaux, se prononcent contre le régime risquent d’être emprisonné·es. Les droits des femmes ne sont pas non plus respectés puisque ces dernières ne peuvent pas se marier, entreprendre des études, voyager à l’étranger, etc. sans avoir l’autorisation de leur tuteur, généralement leur père, leur frère ou leur mari. Toujours en ce qui concerne le respect des droits humains, les relations entre personnes du même sexe sont illégales au Qatar. Enfin, les ONG et d’autres institutions internationales ont aussi pointé du doigt les conditions de travail des ouvrier·ères, principalement des migrant·e.s, lors de la construction des stades et autres infrastructures sportives nécessaires à la Coupe du monde. Des conditions de travail indécentes à cause de la chaleur extrême mais aussi des horaires excessifs, du faible salaire, la confiscation des passeports, la tromperie quant à la rémunération ou au type de travail entrepris ou encore de l’impossibilité de former un syndicat pour se défendre. Plusieurs milliers de travailleur·euses sont d’ailleurs mort·es sur ces chantiers.

D’un point de vue environnemental, ce sont les stades climatisés du Qatar qui posent question. En effet, pour permettre aux joueurs de jouer mais aussi aux spectateur·rices d’assister aux matches dans de bonnes conditions, les stades ont été construits avec des systèmes permettant de refroidir la température extérieure. En novembre, cette dernière peut avoisiner les 30 degrés. C’est d’ailleurs pour des raisons climatiques que cette Coupe du monde a été déplacée à cette période de l’année, cet événement se déroulant généralement en été.

Face à ces controverses concernant les droits humains au Qatar et l’impact environnemental de la Coupe du monde, certaines associations et groupes de citoyen·nes exigent le boycott de cet événement. En d’autres mots, ils veulent que les joueurs, les spectateur·rices, les médias, les sponsors… et les téléspectateur·rices refusent de regarder ou de participer à cette compétition en guise de protestation. En Belgique, des communes et des établissements Horeca ont annoncé qu’ils ne diffuseraient pas les matches joués au Qatar.

31 des 32 équipes nationales – dont celle de la Belgique – qui participent à cette Coupe du monde se sont qualifiées pour la phase finale de la compétition à la suite de leurs résultats obtenus lors des matches éliminatoires auxquels 208 fédérations ont participé entre 2020 et 2022. Le Qatar, lui, était qualifié automatiquement en tant que pays organisateur.

Anouck Thibaut (15/11/2022)

Penser les faits : quelques pistes

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